"THE MASTER : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

Publié le par 007bond

"THE MASTER : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

"The Master" a été réalisé par Paul Thomas Anderson. Sortie en salle le 9 janvier 2013.

JOAQUIN PHOENIX/FREDDIE QUELL

JOAQUIN PHOENIX/FREDDIE QUELL

PHILIP SEYMOUR HOFFMAN/LANCASTER DODD

PHILIP SEYMOUR HOFFMAN/LANCASTER DODD

AMY ADAMS/PEGGY DODD

AMY ADAMS/PEGGY DODD

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s'être battu dans le pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu'il a en lui... Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd "Le Maître", charismatique meneur d'un mouvement nommé La Cause, il tombe rapidement sous sa coupe.

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Paul Thomas Anderson fait partie de cette génération de réalisateurs qui, dans les années 90 ont envahi les salles obscures avec un style innovant et rafraîchissant. Que ce soit Quentin Tarantino, David O.Russell ou David Fincher, ce groupe d'autodidactes prône une maîtrise du cinéma qui ne peut exister et exceller qu'à travers l'acte de création et son entreprise, sans omettre les codes et les références que les précédents maîtres ont expérimentés (Hitchcock, Godard, Kubrick, Scorcese...). PT Anderson mêle ainsi un travail du genre; la grande épopée avec "There Will Be Blood", le film chorale avec "Magnolia", et une approche esthétique jouant des longueurs des plans, laissant apparaître, en fond, l'implication dans une communauté (filiale, économique ou sectaire) comme thème récurrent.

 

Le réalisateur en 2012 va s'inspirer du travail effectué par John Huston dans son documentaire "Let There Be Light", montrant le traumatisme et l'aide, par l'hypnose, au reconditionnement dans la société des militaires en 1946. Il signe alors "The Master" où Freddie (Joaquin Phoenix) rencontre Lancaster Dodd dit "Le Maître" ( le regretté Philip Seymour Hoffman). L'analyse de séquence dévoile Freddie comme un ennemi potentiel pour "La Cause". Lancaster décide de lui faire entreprendre trois tests psychologiques pour jauger son dévouement pour ce groupe; fermer les yeux et refaire un trajet incessant entre un mur et une fenêtre en énonçant ce qu'il ressent à leur contact, tenter de rester impassible pendant une minute à toutes remarques qui lui seraient blessantes et enfin un exercice similaire au précédent où il doit se concentrer sur les mots énoncés par la femme de Lancaster (Amy Adams). Grâce à cet extrait, nous pouvons voir de quelle manière PT Anderson met en scène l'effort de soumission effectué par Freddie pour traduire la manipulation du réel qu'exécute le cinéma. Dans un premier temps, nous étudieront le comportement de Freddie comme un être désaxé et isolé, puis l'importance des multiples formes de musicalité dans la séquence. Et enfin, un cinéma qui se regarde et nous questionne.

 

L'ouverture de cette séquence nous permet, avant d'aller dans la phase des tests que va subir Freddie, d'appréhender ce que représentent les protagonistes entre eux. Il retrouve Lancaster dans le jardin, et d'une embrassade qui suggère une filiation d'apprenti/enfant à maître/père, ils tombent au sol et Freddie joue le rôle de l'animal où Lancaster mime l'action de le punir. Grâce à cette animalité inattendue, se dessine pour le spectateur une amorce à la phase de test avec un rôle de dominé (Freddie) et de dominant (Lancaster). Les tests vont se décliner en trois phases. Celle la moins présente est le travail sur sa vision avec la femme du maître qui lui demande, dans un premier temps, de changer, juste en la fixant la couleur de ses yeux. Ils vont passer du vert au bleu, puis au noir total. De cette disgression, le personnage est appelé à se murer dans un vide d'espace et de repère que le noir ou plus exactement la nuit représente. Le cadrage commence déjà l'isolement avec un gros plan sur son visage où le décor est inexistant, excepté ce mur blanc qui peut se traduire comme une touche d'ironie dans sa lutte face à un néant évident. Le contraste est d'autant plus frappant par ces gros plans répétés sur elle avec en fond un décor fournit en objet et, notamment, en livres, révélant aussi une des faiblesses du protagoniste, son manque d'érudition, permettant le désir de manipulation de "La Cause". Alors va s'entamer la lecture d'un roman érotique où le malaise qu'il va déculpé par l'insistance du personnage féminin à répéter trois fois "Fuck" !. La gêne révèle chez lui un écho dans sa façon de se comporter et d'interagir avec les autres. De son milieu peu défini tout au long du film, seules ses manières font allusion à ce manque d'autorité d'une idéologie culturelle et d'une bienséance que cherche à lui apporter tous les autres protagonistes. Il est bourru, vulgaire, insaisissable et s'exprime par le physique. Il semble être assimilé à un animal sauvage que l'on cherche à tout prix à dompter. Ce qui amène à distinguer et traduire Freddie par cette simplicité du langage et de sa gestuelle. Les deux autres tests vont tenter de combler ce manque de contrôle sur l'acerbation du personnage. L'un d'eux joue sur l'obligation d'être passif aux remarques désobligeantes qu'il doit subir (Doris, la jeune fille qu'il aimait et son passé de marines). La passivité exigée l'empêche d'être ce qui caractérise, un être en constant mouvement prenant des postures et des mimiques. Il se tord alors sur sa chaise, se surélève pour serrer la main, violemment, à son "opposant" qui lui fait face, geste fortuit pour se rassurer d'un danger inconnu que pourrait lui réserver cet exercice. Les échecs se répètent, le simple nom "Doris" le fait sortir de ses gonds et il jure sur Dieu de rendre par les coups si ce nom est encore énoncé, employant cette entité en décalage avec ce qu'elle représente, la sagesse et non la vacuité. Les rôles s'inversent et Freddie doit maintenant tester les réactions de l'autre homme qui restera impassible aux assaults; simplement car le caratère des attaques souligne une nouvelle fois sa vulgarité et sa simplicité enfantine où la menace est dans son désir de "fart on his face" tout en ricanant. Cependant, quand une nouvelle fois les rôles s'inversent, il fait preuve d'une passivité inattendue, semblant signifier une distance sur ses émotions (même face à l'injure "dummy") et sur le monde qui l'entoure, embrayé par la réplique "You deserve to be alone" et un court flashback sur lui fumant une cigarette quand il était au Pacifique. N'ayant plus aucune réaction, son passage dans l'inanimé est proche, il ne cligne plus des yeux. Seul le cri de l'opposant le fait réagir et le reconditionne dans son statut précédent, faisant échouer l'exercice. Proche d'une réussite escomptée par le maître, Freddie retrouve pour la dernière fois son rôle d'opposant, mettant en avant son implication dans la victoire de la guerre et réutilise, machinalement, l'injure "Dummy". L'évolution est donc frappante, d'un homme puéril et incontrôlable, il devient presque amorphe, pour ensuite se jouer des attaques reçues. Sa soumission est presque complète et va être décisive avec le test qui consiste d'aller de la fenêtre au mur, les yeux fermés, et définir le ressenti au toucher de ces points. Si comme pour toutes les pratiques vues précédemment, le début fait toujours appel au côté primaire de Freddie en définissant les signifiés par la matière (bois et verre); va-et-vient répétitif le conditionne à s'épuiser et à modifier le réel par la pensée. Il retrouve sa vulgarité "The same fucking wall", puis quand il bute violemment contre la table, il semble ne pas ressentire la douleur et est absorbé par la tâche imposée. Lancaster l'oblige à continuer, sans marquer de pause. Le personnage se retrouve seul à errer entre ces points où la vitre devient "night" et le mur "storm"; on aperçoit à l'extérieur Lancaster à table avec sa famille et ses disciples. La scission nous dévoile un monde troublé entre deux réalités, celle de Freddie dans l'inconscient et Lancaster entouré, ancré dans sa meute.

 

Malgré cela, le contrôle n'est pas complet. Notre protagoniste est comme un enfant, il tente de briser les règles. On le retrouve assit sur la fenêtre, simulant les bruits de pas et fumant une cigarette. Mais l'omniprésence des membres de "La Cause", ici la femme de Lancaster, le ramène constamment dans le contrôle qu'instaure les tests. Vont s'ensuivre d'autres allers-retours, l'inconscient "mordant" de plus en plus le pas sur le réel, la vitre devient "un mannequin" qu'il caresse, embrasse et simule l'onanisme. Il plonge dans les souvenirs de son passé de marines qui prédominent sur la scène. On retrouve alors une nouvelle interprétation de la féminité par cette femme de sable qu'il modèle. La houle de la mer, à son contact, le ramène dans la pièce. Il vogue maintenant entre deux univers parallèles. Conscient de ce danger où Freddie s'évade et trouve un exutoire dans un monde qui lui aussi repose sur une manipulation du sens des objets (la femme de sable), Lancaster met fin à l'application. Il ouvre ses yeux après un long moment, car trop ancré dans son isolement, et la scène se termine par une embrassade. Si pour les besoins de l'analyse, j'ai opté pour une description complète des enjeux et de l'évolution psychologique de Freddie à travers chacun des trois tests; le montage entremêle ces situtations et les progressions. Les scènes s'entrecoupent et se répondent entre elles, de sorte à fabriquer un jeu où la mise en scène s' exécute à simuler la répétitivité. Des mêmes plans sont ainsi réutilisés à maintes reprises; les gros plans sur les visages, les travellings d'accompagnement sur Freddie se déplaçant de la fenêtre au mur et un plan de demi-ensemble sur lui et son opposant (tout deux de profil, assis sur des chaises). Tout ceci crée le malaise et l'angoisse d'une boucle qu'il semble être impossible de conclure. La torpeur de Freddie est complète dans cette répétition. De plus, le cadrage n'a de cesse de le montrer isolé et reclus dans l'espace où la distance instaurée par les autres protagonistes qui le regardent le renvoie à un isolement obligatoire. Le personnage est alors incapable d'évoluer naturellement dans le monde qui l'entoure, chaque déplacement est restreint et aucune étape entre les pièces (couloir, escalier) est envisageable, il se téléporte entre elles et ne vit que, physiquement, entre elles. La rédemption ne peut alors exister qu'à travers l'investigateur du trouble, Lancaster, qui clôture cette boucle en le prenant dans ses bras, brisant la barrière entre les deux "univers" et rappelle aussi d'une image rassurante, la première embrassade. Cette obédience extrême est ainsi possible par le biais d'un contrôle presque complet des sens avec la vue (la scène des yeux), l'ouïe (les mots) et le toucher (trajet mur/fenêtre). L'odorat et le goût pré-existant dans l'inconscient des souvenirs qui se mêlent à la réalité de l'instant; notamment quand il mime l'acte d'embrasser devant la vitre et l'odeur du sel que la mer suppose. De cette suppression des sens naît un être qui paraît reconditionné, une renaissance pour "La Cause".

 

Tout au long de l'extrait, la musique en extradiégétique est omniprésente. Sous trois thèmes différents - marquant les enjeux que Freddie va vivre - PT Anderson a déclaré que le choix de la musique est un des éléments des plus rigoureux puisqu'elle doit appuyer l'action et non la transcender. La première stimule, par le biais des violons, une sonorité renvoyant à la notion de serpenter entre deux états. L'écho s'installe dans cette composition musicale comme pour créer une distanciation graduelle entre ces états où seul l'inexploré nous attend. Le choix du titre fait par le compositeur Johnny Greenwood "Time Hole" - le trou dans le temps - renvoie à celui que la narration prend dans ce passage du long-métrage, mais aussi l'évolution dans un ailleurs, à l'image de la chute temporelle dans la tanière du lapin blanc dans l'oeuvre de Lewis Carroll "Alice's Adventures In Wonderland". Alice, hypnotisée et soumise dans son propre subconscient à l'image de Freddie où le lapin blanc devient Lancaster. Va se suivre le deuxième thème qui inaugure le travail quasi médical exécuté par "La Cause", le titre "Appplication 45, version 1". A la simple lecture du nom, l'idée d'une expérience est des plus claire. Le troisième thème peut se faire entendre pour clôturer le cheminement effectué. Ne durant pas plus d'une vingtaine de secondes, les cordes jouent un son long, clair et constant pendant l'embrassade entre le maître et son disciple.

 

Grâce à Freddie, PT Anderson incite et assimile la soumission à celle qu'est en train de subir le spectateur au moment où il assiste à la scène. Lancaster tente de détruire les repères pré acquis et révéler que les choses, si elles existent et sont codifiées par des images; à l'image des signifiants et signifiées de Saussure. L'intelligence d'Anderson est d'éxécuter la manipulation en temps réel en montrant clairement le passage du bleu ou noir. Nous sommes alors complices de la magie qui vient d'opérer en nous adaptant à ce tour de passe-passe qui aujourd'hui est banalisé et coutumier dans un genre de cinéma (les blockbusters et leurs effets spéciaux). PT Anderson s'exécute, aussi, à dévoiler une forme de méta-cinéma, le propos ne se limitant pas à savoir si nous sommes hypnotisés ou non, mais si cette séquence ne met, elle aussi, ces personnages dans le rôle du spectateur ? Où plus exactement si Freddie n'est-il pas un protagoniste omniscient capable de savoir qu'il est en plein jeu ? La scène de la première embrassade devient un élement de réponse car juste après s'être relevé, il exécute une révérence. De cette mise en scène en abyme théâtrale, s'ensuit une disposition dans les plans où il semble être en constante représentation face à un public (la secte) qui ne cesse de le regarder et attend la suite des répliques.

 

Paul Thomas Anderson s'est appliqué à maîtriser une mise en scène complexe mettant en avant un personnage bipolaire, refusant par sa trivialité toute forme d'enfermement que la secte tente d'exercer. Lancaster essaye ainsi d'être ce maître capable, par son charisme, de déceler chez l'humain les failles et l'ancrage possible dans le conscient et le subconscient, le physique et le psychisme. Se dévoile un méta-cinéma reprenant, à la manière de Molière avec la règle des trois unités, une démonstration et une réflexion sur l'action de réaliser une représentation de la réalité et la réponse induite par les réactions du public. Au final, Freddie est un tout et un vide, une affirmation et son contraire, un porte-parole direct du lien établi entre un artiste et son oeuvre. Par cette réflexion, nous sommes en droit de nous demander si, au final, il n'est pas au-dessus de ses "geôliers" et s'amuse d'une soumission déjà maîtrisée, n'ayant plus aucune autorité, pour mieux les détourner de leur cause ? ou d'être, en totale opposition, la représentation du spectateur qui s'ennuie, tolérant la soumission qu'à certains moments et fuyant cette irréalité par le biais des flashbacks et des injures en contraste complet avec l'univers de "La Cause" ?

"THE MASTER : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!
Paul Thomas AndersonPaul Thomas Anderson

Paul Thomas Anderson

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"LE CATECHESE SELON ARONOFSKY" !!!!

Publié le par Mina

"LE CATECHESE SELON ARONOFSKY" !!!!

"Noah" (Noé) a été réalisé par Darren Aronofsky. Sortie en salle le 9 avril 2014.

RUSSELL CROWE/NOE

RUSSELL CROWE/NOE

JENNIFER CONNELLY/NAAMEH

JENNIFER CONNELLY/NAAMEH

RAY WINSTONE/TUBAL-CAIN

RAY WINSTONE/TUBAL-CAIN

LOGAN LERMAN/HAM

LOGAN LERMAN/HAM

EMMA WATSON/ILA

EMMA WATSON/ILA

SIR ANTHONY HOPKINS/MATHUSALEM

SIR ANTHONY HOPKINS/MATHUSALEM

Noé, un homme promis à un destin exceptionnel... La fin du monde n'est que le commencement.

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Albert Camus a écrit : "Face à l'absurdité de la vie, il n'y a que trois options : la croyance, le suicide, la révolte" (Le Mythe de Sisyphe). "Noé" brille par sa noirceur, sa brutalité mais pêche par sa fin propagandiste.

 

Bien que Darren Aronofsky reprend l'idée principale du chapitre 6 de la génèse, il s'octroie des libertés pour livrer sa vision dantesque; et quelle vision ! "L'homme est un mal pour l'homme" seul l'animal, la nature trouvent "grâce" aux yeux du Créateur (Dieu n'étant jamais cité) et du réalisateur ! De son héros tourmenté (magnifique et puissant Russell Crowe) Aronofsky plante son décor sur un univers désolé, offre un "spectaculaire" de haut-vol, autant sur le plan visuel que scénaristique. Son regard implacable n'épargne pas l'oeil du public; l'enfer est sur terre, la laideur de l'âme humaine prend tout son sens au travers d'une scène cauchemardesque. Son Noé opte pour des décisions extrêmes et derrière le déluge apocalyptique se niche un huit-clos épousant les étranges accents d'une tragédie grecque. Mêlant force et faiblesse, conjuguant à la perfection les notions du sacrifice, filmant avec brio la dualité humaine, le chef d'oeuvre est à portée de main, pourtant le cinéaste n'a pas osé ! De cette tempête autant extérieure qu'intérieure où la cruauté, la violence et l'ambiguité - propre à l'homme - déversent leur rage, Aronofsky livre un prêchi-prêcha  "religieux" lors des dernières minutes. Accordant peu de clémence à l'individu - toute la majeure partie de son éxécution - j'aurai aimé que l'audace et la radicalité de ton, dont fait preuve le réalisateur américain, ne retombent à plat, quitte à choquer ou décevoir un plus grand nombre !!!!

 

 

 

DARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKY

DARREN ARONOFSKY

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"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

Publié le par Mina

"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

"Her" a été réalisé par Spike Jonze. Sortie en salle le 19 mars 2014.

JOAQUIN PHOENIX/THEODORE TWOMBLY

JOAQUIN PHOENIX/THEODORE TWOMBLY

SCARLETT JOHANSSON/SAMANTHA

SCARLETT JOHANSSON/SAMANTHA

AMY ADAMS/AMY

AMY ADAMS/AMY

ROONEY MARA/CATHERINE

ROONEY MARA/CATHERINE

CHRIS PRATT/PAUL

CHRIS PRATT/PAUL

OLIVIA WILDE/BLIND DATE

OLIVIA WILDE/BLIND DATE

Los Angeles, dans un futur proche, Théodore homme sensible et complexe est inconsolable après une rupture difficile. Il fait l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de l'utilisateur. En lançant le sythème, il fait la connaissance de Samantha, une voix intelligente...

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Les superlatifs manquent à cette petite merveille que Spike Jonze délivre au spectateur : de tous les maux que le monde moderne inflige à l'homme, il y a une "maladie" dont l'humain ne veut guérir, c'est l'amour; alors qu'il soit charnel ou virtuel !

 

Empreint de tendresse et de mélancolie "Her" explore un futur pas si lointain où un corps et une IA tombent amoureux : improbable rencontre qui va réunir Théodore et Samantha. Délicatement désincarnée, cette romance douce/amère nous plonge dans un univers feutré, nimbé de la lumière chaleureuse d'un Los Angeles protecteur, aux résidents - bien que renfermés dans leur bulle - heureux. De cette métropole, aux extérieurs et intérieurs "affectueusement" colorés, Théodore pense avoir trouvé la femme idéale, l'âme soeur en la personne d'une "voix" intelligente. Et si cette Samantha, sans visage, pouvait combler le vide affectif dont-il souffre ? Dans un système où solitude rime avec individualisme, le numérique pourrait-il répondre à toutes les fusions affectives manquantes ? Spike Jonze dépeint, avec une certaine lucidité, nos futurs rapports humains et pose LA question. Si au dehors, le constat d'une réalité sociale - toujours plus connectée - semble effrayante; de l'intérieur, il serait "doux", terriblement et dangereusement tentant de se "lover" au coeur d'un amour libéré de tout échec sentimental. Malgré une humanité agonisante, dépendante de cette technologie envahissante, il se dégage de "Her" une joie toute aussi déstabilisante qu'indescriptible; sûrement dû à l'originalité du scénario et des interprétations de Phoenix et Jonhansson : Joaquin apporte, une nouvelle fois, son indéniable talent; arborant une moustache et des pantalons hauts - véhiculant dans un monde étrangement cubique - sa grâce comique, ses incertitudes, son poignant regard passe au travers d'un Théodore épris d'une Scarlett épanouie et amusante. Pour préciser, je n'ai jamais été réceptive au charisme ni au jeu de l'actrice américaine mais de son timbre chaud et sexy, elle envoûte autant Théodore que le public; il en va de même pour l'exquise Amy Adams, que je retrouve enfin, à des années lumières de "Superman" et surtout de David O'Russell !

 

"Her" est une invitation au rêve se mêlant, sans cesse, aux affres d'âmes en souffrance. Toute aussi subtile que précieusement "cruelle", cette traversée onirique offre de tels ressentis, difficile à retranscrire sur l'écran glacé de mon ordinateur; bien que Samantha soit artificielle, Jonze réussi l'impossible : la rendre délicieusement réelle !!!! 

 

 

 

 

"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

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"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

Publié le par 007bond

"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

"Shame" a été réalisé par Steve McQueen. Sortie en salle le 7 décembre 2011.

MICHAEL FASSBENDER/BRANDON

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CAREY MULLIGAN/SISSY

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Plutôt qu'une simple critique et pour offrir un peu de mouvement au blog, voici l'analyse d'une séquence de "Shame".

 

Avec "Shame" le réalisateur Steve McQueen nous plonge dans la vie de Brandon/Michael Fassbender, jeune cadre célibataire. Son quotidien est dévoré par une seule obsession : le sexe. Tout va se chambouler avec l'arrivée dans l'appartement, de sa soeur Sissy/Carey Mulligan, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie. Résumé de la séquence : Après être allé voir, avec son patron/ami, Sissy chanter dans un bar, Brandon raccompagne ce couple d'un soir. Ils décident de prolonger leur nuit dans son appartement, à son grand désarroi. Pour s'échapper, il part faire un jogging dans les rues de New York. A son retour, il change les draps souillés et tente de s'endormir, malgré sa soeur qui insiste pour partager son lit (elle se plaint d'avoir froid). Il l'expluse violemment. A l'aide de cet extrait, Steve McQueen met en scène la perte de contrôle de Brandon sur son espace et son intimité. Dans un premier temps, l'analyse se porte sur l'angoisse traduite par le corps, puis l'importance de la scène du jogging et la finalité sur Brandon et Sissy; deux êtres conflictuels.

 

A chaque instant du long métrage, le réalisateur tente d'exprimer l'oppression que subit Brandon. Le plan de demi-ensemble sur lui dans le hall des ascenceurs, attendant le retour du "couple", montre une nouvelle fois la violation de son espace intime. Il se retrouve prisonnier dans l'attente, tournant en rond, appuyé par ce cadrage qui l'enferme dans son espace. Quand il pénètre dans son appartement, en hors champ, on peut entendre, sa soeur flirter et commencer à prendre du plaisir. Rien n'est montré et tout se dévoile dans l'imagination, c'est alors que la caméra épaule suit Brandon, en plan rapproché taille, qui déambule dans le salon puis dans la cuisine, le regard rasant le sol. La caméra ne peut que se focaliser sur lui, cachant ce qu'il ne voudrait voir, le décor est alors peu visible. Brandon exulte sans voix, en donnant un coup dans un placard et il se déplace face à la baie vitrée du salon (on retrouve le demi-ensemble). Le reflet de lui-même dans la vitre, à la place de lui offrir une ouverture vers le monde extérieur, le confronte à son malaise et à sa dépendance qui prend forme dans les gémissements de Sissy. Brandon est complétement muré dans sa condition d'addict. Ecroué, il s'effondre par terre, recroquevillé comme un enfant puni ou effrayé, soutenu par une légère plongée qui l'écrase totalement à gauche du cadre. A ce moment, nous sommes en droit de penser que cette affliction révèle une nouvelle strate de sa maladie où l'excitation est envisageable à travers sa soeur. McQueen l'appuie en montrant Brandon se déshabillant soudainement comme emporté d'une frustation trop forte. On le retrouve finalement dans le couloir de l'entrée, en tenue de sport, comprenant qu'il tente de refreiner ses pulsions. Le claquement de porte à son départ coïncide avec le coup précédent dans le placard, l'expression physique prenant le dessus sur une résolution impossible par l'esprit et donc la parole; ceci entraînant l'idée qu'il ne peut résoudre ses problèmes que par l'exultation du corps, amorçant ainsi la scène du jogging.

 

Le travelling horizontal (droite-gauche) est embrayé par la course de Brandon sortant de son immeuble. Ce plan long dépassant les 2 minutes est accompagné par une musique diégétique (lancé par le mp3 du personnage), nous faisant subir en temps réel sa fuite. Ce morceau de piano n'est autre que le prélude No.10 en E mineur, bwv 855 de Johan Sebastian Bach. Toute son importance est dans la composition de cette oeuvre, comportant ce qu'on appelle une "fugue" où 2 voix se suivent. Ici est alors représenté le passage entre l'angoisse dans l'appartement et la fugue dans les rues de New York. Ces mêmes rues, par la suite, nous semblent bien étranges. Personne ne croisera la route de Brandon; son isolement, se répercutant dans le monde extérieur, renforce une solitude obligée où les seuls citadins visibles sont au fond du cadre et complètement flous; le positionnement entre 2 réalités : celle qu'il ne peut partager avec les autres et celle qu'il aimerait atteindre. Nous pouvons même aller plus loin en disant qu'il change de statut pour devenir un être mécanique par son déplacement rapide, à l'image des voitures qu'il croise, et le rythme qu'il créé dans sa course rappelant la mélodie de Bach. Le travelling s'arrête alors au croisement d'un feu endommagé, proche du sol et ne tenant que par un câble fin. Lui, obligé d'attendre, continue sur place sa fuite mécanique et le feu devient la mise à nue de cet homme essayant de regagner un certain contrôle sur sa vie et sur son corps, qui à tout moment peut chuter dans une addiction morbide où tout ne tient qu'à un fil. Cette pause fige la caméra sur ce cadre et Brandon continue sa fugue en hors champ comme si le réalisateur insistait sur son incapacité à dominer son univers malgré de multiples efforts.

 

A son retour dans l'appartement, le plan s'ouvre directement dans la chambre comme rappel du malaise que la scène du jogging aurait voulu effacer. Il ne reste que des draps défaits et un Brandon épuisé. Le jump cut met alors en place la tentative du personnage à retrouver son intimité en changeant les draps "souillés". Le cadre change pour un plan rapproché taille en plongé sur Brandon, essayant  de s'endormir et surpris par l'arrivée de Sissy dans son lit, se plaignant d'avoir froid. Il l'a rejetté après 3 sommations, la dernière en hurlant. C'est ici que nous pouvons mettre en avant cette dualité qui oppose ce frère et cette soeur. Tous deux tentent de partager un moment de quiétude dans ces draps blancs, ironie d'une certaine pureté fantasmée par ces 2 êtres en souffrance (Sissy dépeinte comme dépressive morbide). Le rapprochement est impossible et naît de cette déception un échange fait dans la véhémence et la blessure; elle en ayant un rapport sexuel avec le patron de Brandon dans son propre lit. Et lui par la violence dans sa voix et la crispation de son corps. Cependant, si cette fois-ci, il semble résoudre son problème par la parole, il ne faut en aucun cas oublier que son autorité ne prend effet qu'à la troisième réprimande ("Get out of my room"). La fuite de Sissy n'intervient qu'au moment où il cumule les mots avec la gestuelle, démontrant l'unique résolution par l'expression physique le caractérisant. Il faut se rappeler la séquence du jogging qui résonne dans cette scène, plus précisément dans la composition du prélude de Bach. Le sytème de "fugue", vu prédédemment, repose sur une superposition de lignes mélodiques distinctes. cette notion est d'autant plus intéressante car elle dévoile justement ce que Brandon et Sissy n'arrivent pas accomplir ; trouver une fraternité (superposition) dans leurs conflits distincts (lignes mélodiques). Il leur est alors impossible de parvenir à ce que Bach nomma pour son recueil de préludes, au Clavier bien tempéré, où 2 sortes d'instruments doivent se tempérer pour trouver une harmonie; Brandon essayant de réprimer sa dépendance au sexe et Sissy de trouver une justesse dans son comportement bipolaire (passant d'objet sexuel à petite fille fragile).

 

Par sa caméra, jouant sur l'opposition de la proximité et de la distance, Steve McQueen arrive, par un style clinique et froid, à montrer la naissance de la honte dans certains de nos actes. Ce "Shame" est alors un parfait exemple de ce qu'une personne peut éprouver face à une quelconque addiction. Tout d'abord dans la frustation et les doutes, et les conséquences que cela crée auprès des autres et de la famille. Ce Brandon ne vit qu'à travers l'angoisse de cet affect sexuel et l'angoisse d'une inquiétude morale sur son avenir dans une société qui le marginalise. Une vie nous poussant dans les bras d'une solitude moderne et éprouvante !!!

 

 

STEVE MCQUEENSTEVE MCQUEENSTEVE MCQUEEN

STEVE MCQUEEN

"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!
"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

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"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

Publié le par Mina

"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

"12 Years a Slave" a été réalisé par Steve McQueen. Sortie en salle le 22 janvier 2014.

CHIWETEL EJIOFOR/SOLOMON NORTHUP

CHIWETEL EJIOFOR/SOLOMON NORTHUP

MICHAEL FASSBENDER/EDWIN EPPS

MICHAEL FASSBENDER/EDWIN EPPS

BENEDICT CUMBERBATCH/FORD

BENEDICT CUMBERBATCH/FORD

LUPITA NYONG'O/PATSEY

LUPITA NYONG'O/PATSEY

PAUL DANO/TIBEATS

PAUL DANO/TIBEATS

SARAH PAULSON/MAITRESSE EPPS

SARAH PAULSON/MAITRESSE EPPS

PAUL GIAMATTI/FREEMAN

PAUL GIAMATTI/FREEMAN

BRAD PITT/BASS

BRAD PITT/BASS

Solomon Northup est un menuisier et violoniste noir du Nord américain. Homme libre, il est enlevé une nuit alors qu'il voyage loin de chez lui pour être vendu comme esclave. Pendant douze ans, il vit "l'institution particulière" de près : travail forcé de l'aube jusqu'au crépuscule et des coups de fouet sans cesse". Quand il retrouve enfin son statut d'homme libre, il s'attèle à décrire, minutieusement, dans un livre ce qu'il a enduré...

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"12 Years a Slave" pose un regard innovant sur l'horreur de l'esclavagisme : son réalisateur la filmant au plus près, à l'image de l'excellent "Hunger" (première long métrage de Steve McQueen) où le combat et la longue agonie de Michael Fassbender n'épargnent pas l'oeil du spectateur.

 

Fort de son oeuvre plastique - McQueen est l'un des artistes plasticiens les plus réputés au monde - le créateur/cinéaste continue son saisissant travail sur la chair, après l'avoir exposée dans "Hunger" et "Shame". De ces souffrances, de ce corps qui l'obsède, McQueen en livre une vision exarcerbée dans "12 Years a Slave". On retiendra les plaies sur le dos meurtri de Patsey,  le sexe toujours présent, la dignité bafouée de Solomon, le chant cruel des coups de fouet mais surtout on retiendra - d'où le désir de radicalité du réalisateur anglais - la passivité des esclaves : l'interminable punition où Solomon pendu à un arbre qui, ne devra son salut qu'à une planche posée à ses pieds, des enfants jouant non loin de là, les autres asservis vaquant à leur basse besogne, est un parfait exemple. Il faut souligner l'honnêteté du cinéaste à vouloir dépeindre cette apathie engendrée par la peur, la lâcheté. L'individualisme est évident, surtout dans les dernières scènes; Solomon se souciant, exclusivement, de son propre devenir. Cultivant le tragique, l'âpreté de la violence et le réalisme "12 Years a Slave" trouve, aussi, sa force dans une certaine forme contemplative et son casting parfait : difficile d'oublier le regard du puissant Chiwetel Ejiofor - renvoyant au spectateur sa propre culpabilité - à nouveau, clouée par l'interprétation viscérale d'un sublime Michael Fassbender "possédé". De "Hunger" à "Shame" les yeux bleus azur de ce surdoué dévore la caméra de McQueen. Tour à tour sadique, déposte, violeur, amoureux - comportement typique du geôlier - , séduisant ( c'est très déstabilisant mais McQueen aime à nous rappeler qu'il est en "amour" avec son comédien fétiche) il "habite" de sa présence sauvage cet animal.

 

On pourra reprocher au réalisateur anglais d'adopter un ton plus académique - les toutes dernières minutes inutiles, trop larmoyantes : une envie de séduire un plus large public ? - à l'instar de ses deux précédentes oeuvres  mais l'essence même de son entreprise est toujours présente. "12 Years a Slave" est un mal nécessaire dont on ressort vidé : l'homme reste un loup pour l'homme !!!!

STEVE MCQUEENSTEVE MCQUEENSTEVE MCQUEEN

STEVE MCQUEEN

J'aspirais à la liberté mais la chaîne de l'oppresseur m'étouffait. Et on ne pouvait pas la desserrer.

SOLOMON NORTHUP

"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

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"PETITE MISE A JOUR" !!!!

Publié le par Mina

"PETITE MISE A JOUR" !!!!

Depuis sa création en 2008, le blog de 007bond a subi nombre de changement. Parachuté sur overblog - 4 ans après avoir fait ses preuves chez allociné - tout le travail de ce grand passionné du 7ème Art s'est vu amputé de certaines données : les images. Comme je l'ai précisé, précédemment, je reprends les rênes (007bond pris par ses études de cinéma). Nous avons, tous les deux, effectué une nvelle mise en page qui, nous l'espérons vous séduira. 007bond viendra, périodiquement, poster son oeil critique sur l'année 2014.

 

Prochaines critiques : "The Wolf of The Wall Street", "Nymphomaniac", "12 Years a Slave" et le coup de coeur du blog "Her" !!!! 

"PETITE MISE A JOUR" !!!!

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"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

Publié le par Mina

"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

"The Flowers of War" a été réalisé par Zhang Yimou en 2011.

CHRISTIAN BALE/JOHN MILLER

CHRISTIAN BALE/JOHN MILLER

NI NI/YU MO

NI NI/YU MO

En 1937 durant la bataille de Nankin en Chine, un thanatopracteur américain, John Miller se prépare à enterrer le prêtre blanc d'un couvent catholique. Il va se retrouver, malgré lui, protecteur d'orphelines et de prostituées venues se réfugier dans l'enceinte du monastère.

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"The Flowers of War" n'est pas sorti en France, n'ayant pas trouvé de distributeur. Accusé de propagande pro-chinoise, le film de Zhang Yimou a le mérite de relater la bataille de Nankin - mal connue d'un nombre d'entre nous - . Cet affrontement opposa, en 1937, l'armée impériale japonaise à l'armée nationale révolutionnaire chinoise. Victoire écrasante des troupes japonaises, le massacre de Nankin sévira pendant 6 semaines. De longues semaines où des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés : parmi eux, un nombre important de femmes et d'enfants violés et exécutés. Le long-métrage de Zhang Yimou est tiré du livre "The 13 Women of Nanjing" de Geling Yan.

 

Si le propos se voulait déchirant "The Flowers of War" n'est pas le chef-d'oeuvre attendu. De la 1ére heure, très prometteuse, on retiendra le remarquable travail de reconstitution du réal chinois. Au travers des batailles magnifiquement bien orchestrées et filmées puis d'un viol - difficile à regarder - j'ai pu ressentir toute l'ampleur de cette barbarie. Malheureusement et malgré une volonté - évidente - de vouloir témoigner, au plus juste, d'une "blessure" toujours présente, Zhang Yimou n'évite pas les clichés - l'anti-héros alcoolique charmeur, la prostituée au grand coeur... - et sa 2ème heure, mièvre et larmoyante, souffre d'un esthétisme accrocheur et outrancier. La bluette entre John Miller/CB et la sublime Mo/NI NI, tout comme l'humour déplacé achèvent l'excellent rendu du début ! Reste la présence d'un casting étonnant : toutes les comédiennes sont criantes de vérités ; elles réussissent à voler la vedette d'un Christian Bale "honnête".

 

Zhang Yimou a déclaré que même dans les pires lieux naissait une certaine beauté. A trop vouloir "conjuguer" avec elle, ses fleurs de Nankin, au visuel parfait, se révèlent imparfaites !!!!

ZHANG YIMOUZHANG YIMOU

ZHANG YIMOU

"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

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"La Belle de Cocteau" !!!!

Publié le par Mina

"La Belle de Cocteau" !!!!

"La Belle et la Bête" a été réalisé par Jean Cocteau. Sortie en salle le 29 octobre 1946.

JEAN MARAIS/LA BETE

JEAN MARAIS/LA BETE

JOSETTE DAY/LA BELLE

JOSETTE DAY/LA BELLE

"Pour l'offrir à sa fille, le père de la Belle cueille une rose, sans le savoir, appartenant au jardin de la Bête qui, s'en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.

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Avec la sortie de la nouvelle version "La Belle et la Bête" - il y a 2 mois - de Christophe Gans, difficile de ne pas revenir sur le légendaire Jean Cocteau et son oeuvre "mythique".

 

Au-delà d'être transporté dans un univers fantasmagorique où le féerique se conjugue à tous les temps, c'est l'audacieuse beauté artistique et scénaristique qu'il faut souligner. De sa narration théâtrale, le cinéaste français - fidèle à ses souvenirs d'enfant -  écrit sur le tableau noir "IL ETAIT UNE FOIS", la magie nous donne rendez-vous : empreint de cette naïveté enfantine, ce "conte" ou plutôt ce "songe" invite au rêve. En vrai visionnaire, poête moderne,illustre dessinateur, Cocteau maîtrise "l'expressionnisme" cinématographique - référence au cinéma de Murnau, de Fritz Lang -; l'opposition et le jeu de l'ombre et de la lumière se retrouvent dans "l'entreprise" du réal français. Son oeuvre onirique se pare de ce "clair-obscur" pour mieux ressentir les peurs de la "Belle", l'intimidante demeure de la "Bête", les longs couloirs de ses "bras" sans chair. De cette "Belle" enchanteresse -Josette Day- c'est le jeu du grand Jean Marais qui est à l'honneur. Tout aussi charismatique qu'horrifique, sa "Bête" séduit et envoûte.

 

J'ai revu, il y a peu, la version remasterisée en H.D, le charme opère toujours. Christophe Gans n'a pas su relever le lourd défi de succèder à Monsieur Jean Cocteau : "La Belle et la Bête" reste le chef-d'oeuvre de ce prodige du 7ème Art !!!!

"La Belle de Cocteau" !!!!
"La Belle de Cocteau" !!!!

"La Belle et la Bête" a été réalisé par Christophe Gans. Sortie en salle le 12 février 2014.

VINCENT CASSEL/LEA SEYDOUX

VINCENT CASSEL/LEA SEYDOUX

"La Belle de Cocteau" !!!!"La Belle de Cocteau" !!!!"La Belle de Cocteau" !!!!

De Christophe Gans, dont j'avais aimé "Silent Hill, "St-Ange" et surtout "Crying Freeman", j'attendais beaucoup. Et malgré la présence de Léa Seydoux (pour rester très polie, cette actrice m'insupporte), retrouver le duo Gans/Cassel - après le plutôt réussi "Le Pacte des Loups" - avait de quoi faire rêver. Malheureusement - comme je l'ai précisé au-dessus, la lourde tâche de succèder à Cocteau est rester vaine.

 

A grands renforts de numériques - beaucoup trop - toute la magie, composée de bouts de ficelles et de cartons dans l'oeuvre de Cocteau, disparaît. La "Belle" n'est pas belle et la "Bête", quasi-inexistante, n'effraie et n'enchante jamais. Le projet ambitieux se perd dans des maladresses scénaristiques : la pauvreté des dialogues frise le ridicule, quelques scènes "charnelles" dérangent. En voulant moderniser ce conte - tout en étant plus fidèle à "l'écriture" de Jeanne-marie Leprince Beaumont - Christophe Gans échoue. Le talent et le charisme de Vincent Cassel - crédible en "Bête" - ne peuvent sauver ce long-métrage du "naufrage" cinématographique; et l'on assiste, agaçé, pour la énième fois au jeu insipide d'une Léa Seydoux inexpressive, sans une once de grâce, de charme et de virtuosité. Je passe sur la présence de André Dussolier, sans intérêt - dommage pour un si bon comédien -

 

Avec ses 35 millions d'euros, cette "Belle et la Bête" version 2014 possède un seul point positif: pour tous les doux rêveurs, je conseille de replonger avec bonheur dans le monde "aérien" de Jean Cocteau !!!!

"L'enfance croit ce qu'on lui raconte et ne la remet pas en doute. Elle croit qu'une rose qu'on cueille peut attirer des drames dans une famille. Elle croit que les mains humaines d'une bête qui tue se mettent à fumer et que cette bête en a honte lorsqu'une jeune fille habite sa maison. Elle croit mille autres choses bien naïves.

JEAN COCTEAU

"La Belle de Cocteau" !!!!

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"Moshé change de titre" !!!!

Publié le par Mina

"Moshé change de titre" !!!!

"EXODUS" de Ridley Scott avec Christian Bale change de titre : "EXODUS : GODS AND KINGS" sortira en décembre 2014. Le comédien gallois interprétera le rôle de Moïse, initialement joué par Charlton Heston en 1956. Il a déclaré dans une récente interview que cette nouvelle vision sera beaucoup plus violente : "Moshé, l'homme ne faisait pas dans la demi-mesure. J'ai rencontré peu de personnes ayant lu jusqu'au bout le "Pentateuque" - désignant chez les chrétiens les 5 premiers livres de la bible - la "Torah" chez les juifs. Ils en lisent, essentiellement, des extraits. Si vous le lisez  tout du long, c'est très dur. Il faut s'attendre à des "choses" choquantes". Le film sortira dans les salles françaises le 17 décembre 2014. Patience !!!! (thanks Dina)

"Moshé change de titre" !!!!

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"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!

Publié le par Mina

"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!

"Out Of The Furnace" a été réalisé par Scott Cooper. Sortie en Salle le 15 janvier 2014.

CHRISTIAN BALE/RUSSELL BAZE

CHRISTIAN BALE/RUSSELL BAZE

WOODY HARRELSON/HAILAN DEGROAT

WOODY HARRELSON/HAILAN DEGROAT

CASEY AFFLECK/RODNEY BLAZE.jr

CASEY AFFLECK/RODNEY BLAZE.jr

FOREST WHITAKER/WESLEY BARNES

FOREST WHITAKER/WESLEY BARNES

WILLEN DAFOE/JOHN PETTY

WILLEN DAFOE/JOHN PETTY

ZOE ZALDANA/LENA TAYLOR

ZOE ZALDANA/LENA TAYLOR

SAM SHEPARD/GERALD RED BAZE

SAM SHEPARD/GERALD RED BAZE

A Braddock, une banlieue ouvrière, Russell Baze travaille à l'usine, tout comme son père par le passé. Son jeune frère, éternel rebelle, préfère s'engager dans l'armée. A son retour, fragile et désoeuvré, il n'aura de cesse de troubler la vie de Russell. Après sa disparition, celui-ci devra affronter un dangereux sociopathe Harlan Degroat..."

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Pour sa deuxième réalisation, Scott Cooper continue son "entreprise" au travers d'un sujet qu'il affectionne tout particulièrement : le "social".

 

Bien que le thème fut, par le passé, exploité par de grands cinéastes, cette nouvelle immersion au coeur du milieu ouvrier a le mérite de rendre hommage aux "invisibles" : ces hommes, véritables "pièces" maîtresses de l'échiquier industriel que le système économique n'a de cesse de broyer. Ces "fantômes", uniques survivants d'une industrie jadis florissante, errent. 

 

De cette "détresse" Russell en a fait son "pain" quotidien. Espérant un avenir meilleur pour lui et les siens, dans "l'âme" du brasier rougissant, il devra se confrontrer aux vicissitudes d'un destin fragile. Incarnant à la perfection cet ouvrier "honnête", Christian Bale illumine l'écran noir de sa présence magnétique. Tout en retenu, le "verbe" rare, seul le regard - miroir de ses émotions - et les silences se suffisent. Il en va de même pour le reste du casting exeptionnel et "habité". On pourra reprocher à Cooper un certain classicisme mais l'atmosphère et l'intelligence d'une mise en scène sobre et réaliste apportent la simplicité nécessaire au propos. La photographie à l'esthétisme "léchée", "ténébreuse" - tout comme la BO - transcende cette "colère" sous-jacente : au-delà des paysages montagneux, des hauts-fourneaux crachant toute leur "haine" et leur "sauvagerie", l'odeur de la came et de l'acier se mêlent aux "chairs" meurtries.

 

D'une existence gâchée "l'autre" amérique - celle des oubliés - trouvera son point de non-retour dans une ultime fin implaccable sans bruits ni heurts, à l'image de son héros "usé". Ce "western" crépusculaire" happera le spectateur : "IL NE FAIT PAS BON VIVRE A BRADDOCK"!!!!

 

 

 

 

 

"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!
SCOTT COOPERSCOTT COOPERSCOTT COOPER

SCOTT COOPER

"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!

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