"LE CATECHESE SELON ARONOFSKY" !!!!

Publié le par Mina

"LE CATECHESE SELON ARONOFSKY" !!!!

"Noah" (Noé) a été réalisé par Darren Aronofsky. Sortie en salle le 9 avril 2014.

RUSSELL CROWE/NOE

RUSSELL CROWE/NOE

JENNIFER CONNELLY/NAAMEH

JENNIFER CONNELLY/NAAMEH

RAY WINSTONE/TUBAL-CAIN

RAY WINSTONE/TUBAL-CAIN

LOGAN LERMAN/HAM

LOGAN LERMAN/HAM

EMMA WATSON/ILA

EMMA WATSON/ILA

SIR ANTHONY HOPKINS/MATHUSALEM

SIR ANTHONY HOPKINS/MATHUSALEM

Noé, un homme promis à un destin exceptionnel... La fin du monde n'est que le commencement.

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Albert Camus a écrit : "Face à l'absurdité de la vie, il n'y a que trois options : la croyance, le suicide, la révolte" (Le Mythe de Sisyphe). "Noé" brille par sa noirceur, sa brutalité mais pêche par sa fin propagandiste.

 

Bien que Darren Aronofsky reprend l'idée principale du chapitre 6 de la génèse, il s'octroie des libertés pour livrer sa vision dantesque; et quelle vision ! "L'homme est un mal pour l'homme" seul l'animal, la nature trouvent "grâce" aux yeux du Créateur (Dieu n'étant jamais cité) et du réalisateur ! De son héros tourmenté (magnifique et puissant Russell Crowe) Aronofsky plante son décor sur un univers désolé, offre un "spectaculaire" de haut-vol, autant sur le plan visuel que scénaristique. Son regard implacable n'épargne pas l'oeil du public; l'enfer est sur terre, la laideur de l'âme humaine prend tout son sens au travers d'une scène cauchemardesque. Son Noé opte pour des décisions extrêmes et derrière le déluge apocalyptique se niche un huit-clos épousant les étranges accents d'une tragédie grecque. Mêlant force et faiblesse, conjuguant à la perfection les notions du sacrifice, filmant avec brio la dualité humaine, le chef d'oeuvre est à portée de main, pourtant le cinéaste n'a pas osé ! De cette tempête autant extérieure qu'intérieure où la cruauté, la violence et l'ambiguité - propre à l'homme - déversent leur rage, Aronofsky livre un prêchi-prêcha  "religieux" lors des dernières minutes. Accordant peu de clémence à l'individu - toute la majeure partie de son éxécution - j'aurai aimé que l'audace et la radicalité de ton, dont fait preuve le réalisateur américain, ne retombent à plat, quitte à choquer ou décevoir un plus grand nombre !!!!

 

 

 

DARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKYDARREN ARONOFSKY

DARREN ARONOFSKY

"LE CATECHESE SELON ARONOFSKY" !!!!

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"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

Publié le par Mina

"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

"Her" a été réalisé par Spike Jonze. Sortie en salle le 19 mars 2014.

JOAQUIN PHOENIX/THEODORE TWOMBLY

JOAQUIN PHOENIX/THEODORE TWOMBLY

SCARLETT JOHANSSON/SAMANTHA

SCARLETT JOHANSSON/SAMANTHA

AMY ADAMS/AMY

AMY ADAMS/AMY

ROONEY MARA/CATHERINE

ROONEY MARA/CATHERINE

CHRIS PRATT/PAUL

CHRIS PRATT/PAUL

OLIVIA WILDE/BLIND DATE

OLIVIA WILDE/BLIND DATE

Los Angeles, dans un futur proche, Théodore homme sensible et complexe est inconsolable après une rupture difficile. Il fait l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de l'utilisateur. En lançant le sythème, il fait la connaissance de Samantha, une voix intelligente...

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Les superlatifs manquent à cette petite merveille que Spike Jonze délivre au spectateur : de tous les maux que le monde moderne inflige à l'homme, il y a une "maladie" dont l'humain ne veut guérir, c'est l'amour; alors qu'il soit charnel ou virtuel !

 

Empreint de tendresse et de mélancolie "Her" explore un futur pas si lointain où un corps et une IA tombent amoureux : improbable rencontre qui va réunir Théodore et Samantha. Délicatement désincarnée, cette romance douce/amère nous plonge dans un univers feutré, nimbé de la lumière chaleureuse d'un Los Angeles protecteur, aux résidents - bien que renfermés dans leur bulle - heureux. De cette métropole, aux extérieurs et intérieurs "affectueusement" colorés, Théodore pense avoir trouvé la femme idéale, l'âme soeur en la personne d'une "voix" intelligente. Et si cette Samantha, sans visage, pouvait combler le vide affectif dont-il souffre ? Dans un système où solitude rime avec individualisme, le numérique pourrait-il répondre à toutes les fusions affectives manquantes ? Spike Jonze dépeint, avec une certaine lucidité, nos futurs rapports humains et pose LA question. Si au dehors, le constat d'une réalité sociale - toujours plus connectée - semble effrayante; de l'intérieur, il serait "doux", terriblement et dangereusement tentant de se "lover" au coeur d'un amour libéré de tout échec sentimental. Malgré une humanité agonisante, dépendante de cette technologie envahissante, il se dégage de "Her" une joie toute aussi déstabilisante qu'indescriptible; sûrement dû à l'originalité du scénario et des interprétations de Phoenix et Jonhansson : Joaquin apporte, une nouvelle fois, son indéniable talent; arborant une moustache et des pantalons hauts - véhiculant dans un monde étrangement cubique - sa grâce comique, ses incertitudes, son poignant regard passe au travers d'un Théodore épris d'une Scarlett épanouie et amusante. Pour préciser, je n'ai jamais été réceptive au charisme ni au jeu de l'actrice américaine mais de son timbre chaud et sexy, elle envoûte autant Théodore que le public; il en va de même pour l'exquise Amy Adams, que je retrouve enfin, à des années lumières de "Superman" et surtout de David O'Russell !

 

"Her" est une invitation au rêve se mêlant, sans cesse, aux affres d'âmes en souffrance. Toute aussi subtile que précieusement "cruelle", cette traversée onirique offre de tels ressentis, difficile à retranscrire sur l'écran glacé de mon ordinateur; bien que Samantha soit artificielle, Jonze réussi l'impossible : la rendre délicieusement réelle !!!! 

 

 

 

 

"JONZE L'ENCHANTEUR" !!!!

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"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

Publié le par 007bond

"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

"Shame" a été réalisé par Steve McQueen. Sortie en salle le 7 décembre 2011.

MICHAEL FASSBENDER/BRANDON

MICHAEL FASSBENDER/BRANDON

CAREY MULLIGAN/SISSY

CAREY MULLIGAN/SISSY

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Plutôt qu'une simple critique et pour offrir un peu de mouvement au blog, voici l'analyse d'une séquence de "Shame".

 

Avec "Shame" le réalisateur Steve McQueen nous plonge dans la vie de Brandon/Michael Fassbender, jeune cadre célibataire. Son quotidien est dévoré par une seule obsession : le sexe. Tout va se chambouler avec l'arrivée dans l'appartement, de sa soeur Sissy/Carey Mulligan, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie. Résumé de la séquence : Après être allé voir, avec son patron/ami, Sissy chanter dans un bar, Brandon raccompagne ce couple d'un soir. Ils décident de prolonger leur nuit dans son appartement, à son grand désarroi. Pour s'échapper, il part faire un jogging dans les rues de New York. A son retour, il change les draps souillés et tente de s'endormir, malgré sa soeur qui insiste pour partager son lit (elle se plaint d'avoir froid). Il l'expluse violemment. A l'aide de cet extrait, Steve McQueen met en scène la perte de contrôle de Brandon sur son espace et son intimité. Dans un premier temps, l'analyse se porte sur l'angoisse traduite par le corps, puis l'importance de la scène du jogging et la finalité sur Brandon et Sissy; deux êtres conflictuels.

 

A chaque instant du long métrage, le réalisateur tente d'exprimer l'oppression que subit Brandon. Le plan de demi-ensemble sur lui dans le hall des ascenceurs, attendant le retour du "couple", montre une nouvelle fois la violation de son espace intime. Il se retrouve prisonnier dans l'attente, tournant en rond, appuyé par ce cadrage qui l'enferme dans son espace. Quand il pénètre dans son appartement, en hors champ, on peut entendre, sa soeur flirter et commencer à prendre du plaisir. Rien n'est montré et tout se dévoile dans l'imagination, c'est alors que la caméra épaule suit Brandon, en plan rapproché taille, qui déambule dans le salon puis dans la cuisine, le regard rasant le sol. La caméra ne peut que se focaliser sur lui, cachant ce qu'il ne voudrait voir, le décor est alors peu visible. Brandon exulte sans voix, en donnant un coup dans un placard et il se déplace face à la baie vitrée du salon (on retrouve le demi-ensemble). Le reflet de lui-même dans la vitre, à la place de lui offrir une ouverture vers le monde extérieur, le confronte à son malaise et à sa dépendance qui prend forme dans les gémissements de Sissy. Brandon est complétement muré dans sa condition d'addict. Ecroué, il s'effondre par terre, recroquevillé comme un enfant puni ou effrayé, soutenu par une légère plongée qui l'écrase totalement à gauche du cadre. A ce moment, nous sommes en droit de penser que cette affliction révèle une nouvelle strate de sa maladie où l'excitation est envisageable à travers sa soeur. McQueen l'appuie en montrant Brandon se déshabillant soudainement comme emporté d'une frustation trop forte. On le retrouve finalement dans le couloir de l'entrée, en tenue de sport, comprenant qu'il tente de refreiner ses pulsions. Le claquement de porte à son départ coïncide avec le coup précédent dans le placard, l'expression physique prenant le dessus sur une résolution impossible par l'esprit et donc la parole; ceci entraînant l'idée qu'il ne peut résoudre ses problèmes que par l'exultation du corps, amorçant ainsi la scène du jogging.

 

Le travelling horizontal (droite-gauche) est embrayé par la course de Brandon sortant de son immeuble. Ce plan long dépassant les 2 minutes est accompagné par une musique diégétique (lancé par le mp3 du personnage), nous faisant subir en temps réel sa fuite. Ce morceau de piano n'est autre que le prélude No.10 en E mineur, bwv 855 de Johan Sebastian Bach. Toute son importance est dans la composition de cette oeuvre, comportant ce qu'on appelle une "fugue" où 2 voix se suivent. Ici est alors représenté le passage entre l'angoisse dans l'appartement et la fugue dans les rues de New York. Ces mêmes rues, par la suite, nous semblent bien étranges. Personne ne croisera la route de Brandon; son isolement, se répercutant dans le monde extérieur, renforce une solitude obligée où les seuls citadins visibles sont au fond du cadre et complètement flous; le positionnement entre 2 réalités : celle qu'il ne peut partager avec les autres et celle qu'il aimerait atteindre. Nous pouvons même aller plus loin en disant qu'il change de statut pour devenir un être mécanique par son déplacement rapide, à l'image des voitures qu'il croise, et le rythme qu'il créé dans sa course rappelant la mélodie de Bach. Le travelling s'arrête alors au croisement d'un feu endommagé, proche du sol et ne tenant que par un câble fin. Lui, obligé d'attendre, continue sur place sa fuite mécanique et le feu devient la mise à nue de cet homme essayant de regagner un certain contrôle sur sa vie et sur son corps, qui à tout moment peut chuter dans une addiction morbide où tout ne tient qu'à un fil. Cette pause fige la caméra sur ce cadre et Brandon continue sa fugue en hors champ comme si le réalisateur insistait sur son incapacité à dominer son univers malgré de multiples efforts.

 

A son retour dans l'appartement, le plan s'ouvre directement dans la chambre comme rappel du malaise que la scène du jogging aurait voulu effacer. Il ne reste que des draps défaits et un Brandon épuisé. Le jump cut met alors en place la tentative du personnage à retrouver son intimité en changeant les draps "souillés". Le cadre change pour un plan rapproché taille en plongé sur Brandon, essayant  de s'endormir et surpris par l'arrivée de Sissy dans son lit, se plaignant d'avoir froid. Il l'a rejetté après 3 sommations, la dernière en hurlant. C'est ici que nous pouvons mettre en avant cette dualité qui oppose ce frère et cette soeur. Tous deux tentent de partager un moment de quiétude dans ces draps blancs, ironie d'une certaine pureté fantasmée par ces 2 êtres en souffrance (Sissy dépeinte comme dépressive morbide). Le rapprochement est impossible et naît de cette déception un échange fait dans la véhémence et la blessure; elle en ayant un rapport sexuel avec le patron de Brandon dans son propre lit. Et lui par la violence dans sa voix et la crispation de son corps. Cependant, si cette fois-ci, il semble résoudre son problème par la parole, il ne faut en aucun cas oublier que son autorité ne prend effet qu'à la troisième réprimande ("Get out of my room"). La fuite de Sissy n'intervient qu'au moment où il cumule les mots avec la gestuelle, démontrant l'unique résolution par l'expression physique le caractérisant. Il faut se rappeler la séquence du jogging qui résonne dans cette scène, plus précisément dans la composition du prélude de Bach. Le sytème de "fugue", vu prédédemment, repose sur une superposition de lignes mélodiques distinctes. cette notion est d'autant plus intéressante car elle dévoile justement ce que Brandon et Sissy n'arrivent pas accomplir ; trouver une fraternité (superposition) dans leurs conflits distincts (lignes mélodiques). Il leur est alors impossible de parvenir à ce que Bach nomma pour son recueil de préludes, au Clavier bien tempéré, où 2 sortes d'instruments doivent se tempérer pour trouver une harmonie; Brandon essayant de réprimer sa dépendance au sexe et Sissy de trouver une justesse dans son comportement bipolaire (passant d'objet sexuel à petite fille fragile).

 

Par sa caméra, jouant sur l'opposition de la proximité et de la distance, Steve McQueen arrive, par un style clinique et froid, à montrer la naissance de la honte dans certains de nos actes. Ce "Shame" est alors un parfait exemple de ce qu'une personne peut éprouver face à une quelconque addiction. Tout d'abord dans la frustation et les doutes, et les conséquences que cela crée auprès des autres et de la famille. Ce Brandon ne vit qu'à travers l'angoisse de cet affect sexuel et l'angoisse d'une inquiétude morale sur son avenir dans une société qui le marginalise. Une vie nous poussant dans les bras d'une solitude moderne et éprouvante !!!

 

 

STEVE MCQUEENSTEVE MCQUEENSTEVE MCQUEEN

STEVE MCQUEEN

"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!
"SHAME : ANALYSE D'UNE SEQUENCE" !!!

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"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

Publié le par Mina

"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

"12 Years a Slave" a été réalisé par Steve McQueen. Sortie en salle le 22 janvier 2014.

CHIWETEL EJIOFOR/SOLOMON NORTHUP

CHIWETEL EJIOFOR/SOLOMON NORTHUP

MICHAEL FASSBENDER/EDWIN EPPS

MICHAEL FASSBENDER/EDWIN EPPS

BENEDICT CUMBERBATCH/FORD

BENEDICT CUMBERBATCH/FORD

LUPITA NYONG'O/PATSEY

LUPITA NYONG'O/PATSEY

PAUL DANO/TIBEATS

PAUL DANO/TIBEATS

SARAH PAULSON/MAITRESSE EPPS

SARAH PAULSON/MAITRESSE EPPS

PAUL GIAMATTI/FREEMAN

PAUL GIAMATTI/FREEMAN

BRAD PITT/BASS

BRAD PITT/BASS

Solomon Northup est un menuisier et violoniste noir du Nord américain. Homme libre, il est enlevé une nuit alors qu'il voyage loin de chez lui pour être vendu comme esclave. Pendant douze ans, il vit "l'institution particulière" de près : travail forcé de l'aube jusqu'au crépuscule et des coups de fouet sans cesse". Quand il retrouve enfin son statut d'homme libre, il s'attèle à décrire, minutieusement, dans un livre ce qu'il a enduré...

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"12 Years a Slave" pose un regard innovant sur l'horreur de l'esclavagisme : son réalisateur la filmant au plus près, à l'image de l'excellent "Hunger" (première long métrage de Steve McQueen) où le combat et la longue agonie de Michael Fassbender n'épargnent pas l'oeil du spectateur.

 

Fort de son oeuvre plastique - McQueen est l'un des artistes plasticiens les plus réputés au monde - le créateur/cinéaste continue son saisissant travail sur la chair, après l'avoir exposée dans "Hunger" et "Shame". De ces souffrances, de ce corps qui l'obsède, McQueen en livre une vision exarcerbée dans "12 Years a Slave". On retiendra les plaies sur le dos meurtri de Patsey,  le sexe toujours présent, la dignité bafouée de Solomon, le chant cruel des coups de fouet mais surtout on retiendra - d'où le désir de radicalité du réalisateur anglais - la passivité des esclaves : l'interminable punition où Solomon pendu à un arbre qui, ne devra son salut qu'à une planche posée à ses pieds, des enfants jouant non loin de là, les autres asservis vaquant à leur basse besogne, est un parfait exemple. Il faut souligner l'honnêteté du cinéaste à vouloir dépeindre cette apathie engendrée par la peur, la lâcheté. L'individualisme est évident, surtout dans les dernières scènes; Solomon se souciant, exclusivement, de son propre devenir. Cultivant le tragique, l'âpreté de la violence et le réalisme "12 Years a Slave" trouve, aussi, sa force dans une certaine forme contemplative et son casting parfait : difficile d'oublier le regard du puissant Chiwetel Ejiofor - renvoyant au spectateur sa propre culpabilité - à nouveau, clouée par l'interprétation viscérale d'un sublime Michael Fassbender "possédé". De "Hunger" à "Shame" les yeux bleus azur de ce surdoué dévore la caméra de McQueen. Tour à tour sadique, déposte, violeur, amoureux - comportement typique du geôlier - , séduisant ( c'est très déstabilisant mais McQueen aime à nous rappeler qu'il est en "amour" avec son comédien fétiche) il "habite" de sa présence sauvage cet animal.

 

On pourra reprocher au réalisateur anglais d'adopter un ton plus académique - les toutes dernières minutes inutiles, trop larmoyantes : une envie de séduire un plus large public ? - à l'instar de ses deux précédentes oeuvres  mais l'essence même de son entreprise est toujours présente. "12 Years a Slave" est un mal nécessaire dont on ressort vidé : l'homme reste un loup pour l'homme !!!!

STEVE MCQUEENSTEVE MCQUEENSTEVE MCQUEEN

STEVE MCQUEEN

J'aspirais à la liberté mais la chaîne de l'oppresseur m'étouffait. Et on ne pouvait pas la desserrer.

SOLOMON NORTHUP

"UN ESCLAVE PAS COMME LES AUTRES" !!!!

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"PETITE MISE A JOUR" !!!!

Publié le par Mina

"PETITE MISE A JOUR" !!!!

Depuis sa création en 2008, le blog de 007bond a subi nombre de changement. Parachuté sur overblog - 4 ans après avoir fait ses preuves chez allociné - tout le travail de ce grand passionné du 7ème Art s'est vu amputé de certaines données : les images. Comme je l'ai précisé, précédemment, je reprends les rênes (007bond pris par ses études de cinéma). Nous avons, tous les deux, effectué une nvelle mise en page qui, nous l'espérons vous séduira. 007bond viendra, périodiquement, poster son oeil critique sur l'année 2014.

 

Prochaines critiques : "The Wolf of The Wall Street", "Nymphomaniac", "12 Years a Slave" et le coup de coeur du blog "Her" !!!! 

"PETITE MISE A JOUR" !!!!

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"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

Publié le par Mina

"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

"The Flowers of War" a été réalisé par Zhang Yimou en 2011.

CHRISTIAN BALE/JOHN MILLER

CHRISTIAN BALE/JOHN MILLER

NI NI/YU MO

NI NI/YU MO

En 1937 durant la bataille de Nankin en Chine, un thanatopracteur américain, John Miller se prépare à enterrer le prêtre blanc d'un couvent catholique. Il va se retrouver, malgré lui, protecteur d'orphelines et de prostituées venues se réfugier dans l'enceinte du monastère.

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"The Flowers of War" n'est pas sorti en France, n'ayant pas trouvé de distributeur. Accusé de propagande pro-chinoise, le film de Zhang Yimou a le mérite de relater la bataille de Nankin - mal connue d'un nombre d'entre nous - . Cet affrontement opposa, en 1937, l'armée impériale japonaise à l'armée nationale révolutionnaire chinoise. Victoire écrasante des troupes japonaises, le massacre de Nankin sévira pendant 6 semaines. De longues semaines où des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés : parmi eux, un nombre important de femmes et d'enfants violés et exécutés. Le long-métrage de Zhang Yimou est tiré du livre "The 13 Women of Nanjing" de Geling Yan.

 

Si le propos se voulait déchirant "The Flowers of War" n'est pas le chef-d'oeuvre attendu. De la 1ére heure, très prometteuse, on retiendra le remarquable travail de reconstitution du réal chinois. Au travers des batailles magnifiquement bien orchestrées et filmées puis d'un viol - difficile à regarder - j'ai pu ressentir toute l'ampleur de cette barbarie. Malheureusement et malgré une volonté - évidente - de vouloir témoigner, au plus juste, d'une "blessure" toujours présente, Zhang Yimou n'évite pas les clichés - l'anti-héros alcoolique charmeur, la prostituée au grand coeur... - et sa 2ème heure, mièvre et larmoyante, souffre d'un esthétisme accrocheur et outrancier. La bluette entre John Miller/CB et la sublime Mo/NI NI, tout comme l'humour déplacé achèvent l'excellent rendu du début ! Reste la présence d'un casting étonnant : toutes les comédiennes sont criantes de vérités ; elles réussissent à voler la vedette d'un Christian Bale "honnête".

 

Zhang Yimou a déclaré que même dans les pires lieux naissait une certaine beauté. A trop vouloir "conjuguer" avec elle, ses fleurs de Nankin, au visuel parfait, se révèlent imparfaites !!!!

ZHANG YIMOUZHANG YIMOU

ZHANG YIMOU

"LES FLEURS DE NANKIN" !!!!

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"La Belle de Cocteau" !!!!

Publié le par Mina

"La Belle de Cocteau" !!!!

"La Belle et la Bête" a été réalisé par Jean Cocteau. Sortie en salle le 29 octobre 1946.

JEAN MARAIS/LA BETE

JEAN MARAIS/LA BETE

JOSETTE DAY/LA BELLE

JOSETTE DAY/LA BELLE

"Pour l'offrir à sa fille, le père de la Belle cueille une rose, sans le savoir, appartenant au jardin de la Bête qui, s'en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.

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Avec la sortie de la nouvelle version "La Belle et la Bête" - il y a 2 mois - de Christophe Gans, difficile de ne pas revenir sur le légendaire Jean Cocteau et son oeuvre "mythique".

 

Au-delà d'être transporté dans un univers fantasmagorique où le féerique se conjugue à tous les temps, c'est l'audacieuse beauté artistique et scénaristique qu'il faut souligner. De sa narration théâtrale, le cinéaste français - fidèle à ses souvenirs d'enfant -  écrit sur le tableau noir "IL ETAIT UNE FOIS", la magie nous donne rendez-vous : empreint de cette naïveté enfantine, ce "conte" ou plutôt ce "songe" invite au rêve. En vrai visionnaire, poête moderne,illustre dessinateur, Cocteau maîtrise "l'expressionnisme" cinématographique - référence au cinéma de Murnau, de Fritz Lang -; l'opposition et le jeu de l'ombre et de la lumière se retrouvent dans "l'entreprise" du réal français. Son oeuvre onirique se pare de ce "clair-obscur" pour mieux ressentir les peurs de la "Belle", l'intimidante demeure de la "Bête", les longs couloirs de ses "bras" sans chair. De cette "Belle" enchanteresse -Josette Day- c'est le jeu du grand Jean Marais qui est à l'honneur. Tout aussi charismatique qu'horrifique, sa "Bête" séduit et envoûte.

 

J'ai revu, il y a peu, la version remasterisée en H.D, le charme opère toujours. Christophe Gans n'a pas su relever le lourd défi de succèder à Monsieur Jean Cocteau : "La Belle et la Bête" reste le chef-d'oeuvre de ce prodige du 7ème Art !!!!

"La Belle de Cocteau" !!!!
"La Belle de Cocteau" !!!!

"La Belle et la Bête" a été réalisé par Christophe Gans. Sortie en salle le 12 février 2014.

VINCENT CASSEL/LEA SEYDOUX

VINCENT CASSEL/LEA SEYDOUX

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De Christophe Gans, dont j'avais aimé "Silent Hill, "St-Ange" et surtout "Crying Freeman", j'attendais beaucoup. Et malgré la présence de Léa Seydoux (pour rester très polie, cette actrice m'insupporte), retrouver le duo Gans/Cassel - après le plutôt réussi "Le Pacte des Loups" - avait de quoi faire rêver. Malheureusement - comme je l'ai précisé au-dessus, la lourde tâche de succèder à Cocteau est rester vaine.

 

A grands renforts de numériques - beaucoup trop - toute la magie, composée de bouts de ficelles et de cartons dans l'oeuvre de Cocteau, disparaît. La "Belle" n'est pas belle et la "Bête", quasi-inexistante, n'effraie et n'enchante jamais. Le projet ambitieux se perd dans des maladresses scénaristiques : la pauvreté des dialogues frise le ridicule, quelques scènes "charnelles" dérangent. En voulant moderniser ce conte - tout en étant plus fidèle à "l'écriture" de Jeanne-marie Leprince Beaumont - Christophe Gans échoue. Le talent et le charisme de Vincent Cassel - crédible en "Bête" - ne peuvent sauver ce long-métrage du "naufrage" cinématographique; et l'on assiste, agaçé, pour la énième fois au jeu insipide d'une Léa Seydoux inexpressive, sans une once de grâce, de charme et de virtuosité. Je passe sur la présence de André Dussolier, sans intérêt - dommage pour un si bon comédien -

 

Avec ses 35 millions d'euros, cette "Belle et la Bête" version 2014 possède un seul point positif: pour tous les doux rêveurs, je conseille de replonger avec bonheur dans le monde "aérien" de Jean Cocteau !!!!

"L'enfance croit ce qu'on lui raconte et ne la remet pas en doute. Elle croit qu'une rose qu'on cueille peut attirer des drames dans une famille. Elle croit que les mains humaines d'une bête qui tue se mettent à fumer et que cette bête en a honte lorsqu'une jeune fille habite sa maison. Elle croit mille autres choses bien naïves.

JEAN COCTEAU

"La Belle de Cocteau" !!!!

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"Moshé change de titre" !!!!

Publié le par Mina

"Moshé change de titre" !!!!

"EXODUS" de Ridley Scott avec Christian Bale change de titre : "EXODUS : GODS AND KINGS" sortira en décembre 2014. Le comédien gallois interprétera le rôle de Moïse, initialement joué par Charlton Heston en 1956. Il a déclaré dans une récente interview que cette nouvelle vision sera beaucoup plus violente : "Moshé, l'homme ne faisait pas dans la demi-mesure. J'ai rencontré peu de personnes ayant lu jusqu'au bout le "Pentateuque" - désignant chez les chrétiens les 5 premiers livres de la bible - la "Torah" chez les juifs. Ils en lisent, essentiellement, des extraits. Si vous le lisez  tout du long, c'est très dur. Il faut s'attendre à des "choses" choquantes". Le film sortira dans les salles françaises le 17 décembre 2014. Patience !!!! (thanks Dina)

"Moshé change de titre" !!!!

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"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!

Publié le par Mina

"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!

"Out Of The Furnace" a été réalisé par Scott Cooper. Sortie en Salle le 15 janvier 2014.

CHRISTIAN BALE/RUSSELL BAZE

CHRISTIAN BALE/RUSSELL BAZE

WOODY HARRELSON/HAILAN DEGROAT

WOODY HARRELSON/HAILAN DEGROAT

CASEY AFFLECK/RODNEY BLAZE.jr

CASEY AFFLECK/RODNEY BLAZE.jr

FOREST WHITAKER/WESLEY BARNES

FOREST WHITAKER/WESLEY BARNES

WILLEN DAFOE/JOHN PETTY

WILLEN DAFOE/JOHN PETTY

ZOE ZALDANA/LENA TAYLOR

ZOE ZALDANA/LENA TAYLOR

SAM SHEPARD/GERALD RED BAZE

SAM SHEPARD/GERALD RED BAZE

A Braddock, une banlieue ouvrière, Russell Baze travaille à l'usine, tout comme son père par le passé. Son jeune frère, éternel rebelle, préfère s'engager dans l'armée. A son retour, fragile et désoeuvré, il n'aura de cesse de troubler la vie de Russell. Après sa disparition, celui-ci devra affronter un dangereux sociopathe Harlan Degroat..."

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Pour sa deuxième réalisation, Scott Cooper continue son "entreprise" au travers d'un sujet qu'il affectionne tout particulièrement : le "social".

 

Bien que le thème fut, par le passé, exploité par de grands cinéastes, cette nouvelle immersion au coeur du milieu ouvrier a le mérite de rendre hommage aux "invisibles" : ces hommes, véritables "pièces" maîtresses de l'échiquier industriel que le système économique n'a de cesse de broyer. Ces "fantômes", uniques survivants d'une industrie jadis florissante, errent. 

 

De cette "détresse" Russell en a fait son "pain" quotidien. Espérant un avenir meilleur pour lui et les siens, dans "l'âme" du brasier rougissant, il devra se confrontrer aux vicissitudes d'un destin fragile. Incarnant à la perfection cet ouvrier "honnête", Christian Bale illumine l'écran noir de sa présence magnétique. Tout en retenu, le "verbe" rare, seul le regard - miroir de ses émotions - et les silences se suffisent. Il en va de même pour le reste du casting exeptionnel et "habité". On pourra reprocher à Cooper un certain classicisme mais l'atmosphère et l'intelligence d'une mise en scène sobre et réaliste apportent la simplicité nécessaire au propos. La photographie à l'esthétisme "léchée", "ténébreuse" - tout comme la BO - transcende cette "colère" sous-jacente : au-delà des paysages montagneux, des hauts-fourneaux crachant toute leur "haine" et leur "sauvagerie", l'odeur de la came et de l'acier se mêlent aux "chairs" meurtries.

 

D'une existence gâchée "l'autre" amérique - celle des oubliés - trouvera son point de non-retour dans une ultime fin implaccable sans bruits ni heurts, à l'image de son héros "usé". Ce "western" crépusculaire" happera le spectateur : "IL NE FAIT PAS BON VIVRE A BRADDOCK"!!!!

 

 

 

 

 

"Les brasiers de Scott Cooper" !!!!
SCOTT COOPERSCOTT COOPERSCOTT COOPER

SCOTT COOPER

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"Fincher et Bale" !!!!

Publié le par Mina

 

 

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Selon "The Wrap" David Fincher voudrait réaliser un nouveau biopic sur Steve Jobs à condition que Christian Bale accepte le rôle. ce film devrait se baser sur la biographie autorisée de Walter Isaacson A ce jour, le comédien gallois n'a toujours pas été approché; il a, récemment, déclaré vouloir prendre une pause après "Américan Hustle" et "Exode" de Ridley Scott - sortie prévue en décembre - A SUIVRE.

 

 

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Il faut avouer que la ressemblance est plutôt frappante !!!!

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