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"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!

Publié le par Mina

"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!

"Birdman" a été réalisé par Alejandro Gonzalez Inarritu. sortie en salle le 25 février 2015.

MICHAEL KEATON/RIGGAN THOMSON

MICHAEL KEATON/RIGGAN THOMSON

EDWARD NORTON/MIKE SHINNER

EDWARD NORTON/MIKE SHINNER

NAOMI WATTS/LESLEY

NAOMI WATTS/LESLEY

ZACK GALIFIANAKIS/BRANDON

ZACK GALIFIANAKIS/BRANDON

EMMA STONE/SAM

EMMA STONE/SAM

ANDREA RISEBOROUGH/LAURA

ANDREA RISEBOROUGH/LAURA

AMY RYAN/SYLVIA

AMY RYAN/SYLVIA

LINDSAY DUNCAN/TABITHA

LINDSAY DUNCAN/TABITHA

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...

"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!

"Artistes, jamais le moment ne fut plus beau. Rien ne gêne maintenant votre envergure, votre ambition, votre désir d'être célèbre et reconnu... Nagez à plein vol dans l'azur et la lumière , inondez-vous de rayons, enivrez-vous d'air pur, montez comme l'alouette, comme l'épervier, comme l'aigle, plus haut, toujours plus haut..." (Théophile Gautier - 1848)...Plus dure sera la chute, et Michael Keaton n'est sûrement pas CE "fruit" (cet oiseau tombé du nid) du hasard. En le choisissant, Alejandro Gonzalez Inarritu convoque le passif d'un acteur en quête d'un renouveau VIA son nouveau long-métrage BIRDMAN ! Riggan Thomson/Birdman, ancienne star d'Hollywood déchue : troublant portrait/double d'un Keaton/Batman ! Et bien que le cinéaste s'évertue - non sans une pointe d'humour et de tendresse - à dégommer pendant deux heures LA machine industrielle hollywoodienne, celle-ci va l'honorer de quelques précieuses statuettes. Comme à la cour, le Roi se plaît à être moqué/flatté par son FOU/Inarritu... et ses fidèles saltimbanques : délectable moment d'auto-flagellation !

Dans les années 80/90 Michael Keaton incarne - en deux films - l'un des super-héros mythiques BATMAN mais le Chevalier Noir aura raison de sa carrière ou presque. En s'appropriant la vie du comédien américain, le cinéaste mexicain Inarritu dresse le portrait d'une ancienne gloire vieillissante - à l'égocentrisme boursouflé - Riggan Thomson qui tente de retrouver le succès en montant une pièce de théâtre à Broadway. Riggan/Keaton est l'un de ces produits de "fiction" que le grand public aime à vénérer puis rejeter, ne laissant aucune chance au dit acteur d'exister au-delà. Il est facile pour les fans "envahissants" de confondre l'homme et l'image iconique. Birdman laisse SON empreinte indélèbile, hante, ronge l'esprit de l'artiste. La réalité flirtant aux frontières de l'irréel, l'Homme/Oiseau maintient son Riggan dans cette schizophrénie devenue sienne. D'un ART où il rêve d'y trouver une ardeur artistique, d'un Art qui crée CE désespoir et CE désarroi, le saltimbanque va se confronter à ce réel/imaginaire qui le consume, à cette VOIX intérieure lui rappelant (sans cesse) les ratés de son insignifiante existence, aux nouveaux visages (à l'image, entre autre, d'un Mike Shinner/Edward Norton, acteur idyllique, fourbe, calculateur ) qui tout comme lui par le passé, s'inondent, s'enivrent jusqu'à plus soif de cet HALO DE LUMIERE ô combien charmeur mais ô combien destructeur.

Ce petit cirque d'une vie insipide, véritable labyrinthe d'un crâne malade, fait écho à la satire "assassine" d'Inarritu. Et si l'accusation d'un milieu nombriliste, égocentrique, nihiliste VIA son public contaminé par la SOUPE indigeste hollywoodienne paraît évidente, son Birdman se pare d'une mélancolie et d'une bienveillance pour un métier qu'il affectionne. Riggan/Keaton devient la (sa) "marionnette" désespérée mais aussi la LUTTE de son MOI intérieur, pointant du doigt ses combats, ses questionnements, ses rapports/conflits avec le cinéma. Comment peut-on vivre ou même survivre dans un tel univers, broyeur de talents ? La réflexion d'Inarritu s'étend plus loin : si une certaine presse intello "frustrée" est (elle-aussi) mise au banc de l'accusé, après avoir lu quelques extraits d'interviews du cinéaste (que je vais joindre plus bas), ce dernier ne mâche pas ses mots envers le BLOCKBUSTER - principale CIBLE - au risque de se mettre à dos le grand public ! Tout comme Keaton, le choix de Edward Norton ( "Hulk") ou de Emma Stone ("Spiderman") n'est pas anodin, et rares sont les occasions d'offrir un tel sujet scénaristique à des comédiens : le spectateur devenant le témoin/complice de cette auto-parodie et du regard lucide d'un directeur dénonçant le LOUP dans la bergerie "sycophante" hollywoodienne !

Sous couvert de l'adaptation d'une nouvelle de Raymond Carver "Parlez-moi d'amour" mettant en scène des couples abîmés et usés par une société "dévastatrice" américaine (pour avoir lu quelques courts extraits), Inarritu met en exergue le DESENCHANTEMENT d'un homme/artiste. A l'image des protagonistes de Carver, les personnages du cinéaste mexicain incarnent LA REPRESENTATION de cette désespérance. Justement parler lui d'AMOUR, comme le précise Alejandro Inarritu JE LE CITE "Toute sa vie durant, Riggan a confondu l'amour et l'admiration. Et il doit d'abord réaliser combien l'admiration est insignifiante avant de commencer péniblement à apprendre à aimer les autres et surtout à s'aimer lui-même." Comme la majeure partie des acteurs, Riggan ne s'apprécie pas et questionne (désespérément) ce FEU. Apprendre à s'aimer reste l'ancrage essentiel. Il est plus que nécessaire de retrouver cette estime de soi dans la perspective de donner pour mieux recevoir en retour. Cette reconstruction personnelle permet de se réconcilier avec sa propre image, ses défauts et accepter l'histoire de sa vie (ses erreurs de parcours) afin d'exister à nouveau. Dans l'attente de cette renaissance, le vieil acteur souhaite retrouver l'amour d'une fille/victime de son ambition démesurée, d'une femme, d'un public, et les honneurs d'un milieu - amoureux des LETTRES - le THEATRE mais tiraillé entre son passif de tartuffe prétentieux à la solde des films de divertissements et son désir de devenir le DIGNE comédien auquel il aspire, Riggan court, court toujours plus dans les dédales du petit boulevard, dans les méandres labyrinthiques de son psyché; Ses foulées rythmées aux sons balancés des percussions d'une batterie répétitive, inquiétante ! De ce besoin éperdu de RECONNAISSANCE, Inarritu souligne - en permanence - l'errance de son Riggan : Le blockbuster a tué son HEROS, le salut viendra des planches ! Les projecteurs du théâtre s'allument, le rideau se lève et le comédien exécute un dernier "acte" : celui qu'un public, une presse hypocrite sollicitent. Le rideau tombe "La vie est une vaste farce". Birdman/riggan s'élève à sa nouvelle destinée ! D'un suicide prévisible, tel Dédale regardant son Icare/Riggan prendre son envolée, Sam/Emma Stone demeure le seul témoin d'un ultime envol. La légende d'Icare symbolise ce désir que l'homme a de vouloir (toujours) aller plus loin, au risque de devoir se retrouver face à face à sa condition de simple être humain. Si le jeune Icare brûle ses ailes, j'aime à penser que Riggan est devenu ce BIRDMAN volant au-delà du soleil, au-delà d'un univers fallacieux.

Alejandro Gonzalez Inarritu voit en son Birdman un DON QUICHOTTE. Il explique JE LE CITE " Riggan est une sorte de Don Quichotte. L'humour du film naît du décalage permanent entre sa très sérieuse ambition et la sordide réalité qui l'entoure. En fait, c'est notre histoire à tous." Tel le rêveur idéaliste et irraisonné de la "Mancha", nous nous battons tous contre des moulins à vent et ce BIRDMAN, niché derrière la satire de son directeur, convoque bel et bien l'universalité. Oscillant entre prouesses techniques (un faux long plan-séquence/pour la petite histoire : Inarritu réalisera par trois fois le "brouillon" de son film pour en exécuter la vision finale), cynisme acéré, énergie bouillonnante, désillusions, jeux de dupes, vérités, maestria des comédiens - en tête Michael Keaton et le génialisme Edward Norton - visions métaphysiques "oniriques", le cinéaste mexicain continue son voyage existentiel, sa propre introspection et celle de son comédien principal Michael Keaton.

Après le chef-d'oeuvre chimérique BIUTIFUL d'un père en chute libre, l'illusionniste virtuose "désabusé" déclame son affection pour le 7ème Art, et à l'image d'un Raymond Carver "De quoi on parle quand on parle d'amour?" Alejandro Gonzalez Inarritu parle d'AMOUR et son BIRDMAN ??? Enfin libéré l'homme/oiseau, le battant de sa CAGE grand ouvert, tel le phénix ressuscitant de ses cendres : "il est LIBRE Max/Riggan, y'en a même qui l'on vu voler"...Si seulement nous pouvions en faire autant. MERCI MONSIEUR INARRITU !!!!

"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
ALEJANDRO GONZALEZ INARRITU

ALEJANDRO GONZALEZ INARRITU

Le mois dernier Alejandro Gonzale Inarritu a donné une interview au Deadline où il explique les intentions de son nouveau film BIRDMAN et délivre ses ressentis sur l'univers hollywoodien. Si, comme je l'ai précisé dans mon petit avis critique, le réalisateur tacle joliment tout ce petit monde, deux points essentiels prédominent : son aversion pour le Blockbuster et sa remise en question personnelle.

EXTRAITS

"J'ai eu 50 ans l'année dernière et j'ai appris qu'il y avait différentes façons pour aborder la vie, sa vie....Vous ne pouvez pas changez les événements mais vous pouvez changer votre propre perception en les affrontant. La seule chose importante pour moi est d'être honnête avec moi-même. Ce dont parle mon film, je l'ai vécu au cours de ces dernières années. Au lieu d'une approche tragique, j'ai voulu essayer une autre méthode. En le réalisant, je me suis réconcilié avec moi-même.... et surtout me confronter aux choses qui m'avaient rendu amer.....Si vous ne vous remettez pas en question, il est impossible de s'améliorer. Tout comme Riggan, mon esprit était rongé par une voix que j'ai nommé L'INQUISITEUR. Elle m'a hanté pendant plus de 5 ans et J'ai tenté de l'identifier, de la comprendre. Maintenant que c'est fait, je trouve cela extrêmement intéressant. C'est de cela que parle mon film. Chacun a son propre version personnelle de l'INQUISITEUR..."

" Je pense qu'il n'y a rien de mal à être obsédé par les super-héros quand vous êtes âgé de 7 ans, mais je pense que c'est malsain de refuser de grandir. Les corporations et les fonds spéculatifs ont une emprise sur Hollywood et ils veulent faire de l'argent sur tout et n'importe quoi qui s'identifie comme du cinéma. Lorsque vous placez 100 millions de $ et que vous obtenez en retour 800 millions $ ou 1 milliard $, il est très difficile de convaincre les gens. Vous leur dites "Vous allez metttre 20 millions $ et vous obtiendrez 80 millions $". Maintenant c'est un putain de bon profit mais ils vous disent "80 millions $ ? Je veux 800 millions $". Résultat, la possibilité de réaliser de bons films tente à disparaître.."

"J'aime parfois les films de super-héros parce qu'ils sont simples et élémentaires, et vont bien avec du pop-corn. Le problème est que, parfois, ils se prétendent profonds, comme s'ils étaient basés sur de la mythologie grecque. Et il sont honnêtement de droite. Je les vois toujours comme des films où il est permis de tuer des gens parce qu'ils ne croient pas à ce que vous croyez ou parce qu'ils ne sont pas qui vous voulez qu'ils soient. Je déteste ça, et je ne réagis pas bien à ces personnages. Ils sont un POISON, un GENOCIDE CULTUREL, parce que le public est tellement surexposé à des récits, à des explosions et à de la MERDE, n'ayant rien à voir avec l'expérience d'être un HUMAIN..."

"Birdman reste une bonne thérapie. Je reconnais que je peux être un gars stupide, torturé, égocentrique mais qui tente à être meilleur. Espérons qu'il en sera de même pour les gens qui iront voir mon film. Je ne connais pas quelqu'un qui ne se détruit pas, ne se déchire pas comme le fait le personnage/Riggan." Il est le reflet de notre propre miroir.

En tutoyant l'excellence, le cinéma d'Inarritu réinvente le 7ème Art : Du cinéma au théâtre, il n'y a qu'un pas ou plutôt une virtuose envolée, celle de son BIRDMAN !!!!

"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!

"Les étoiles parmi les étoiles ne donnent que peu de lumière... et pas davantage de chaleur."

CHARLES SPENCER CHAPLIN

"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!
"BIRDMAN/L'ENVOLEE "ICARIENNE" D'UNE ETOILE DECHUE" !!!!

"L'oiseau en cage rêvera des nuages."

PROVERBE JAPONAIS

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Black-Night 09/04/2015 16:52

Excellente analyse et belle critique !
Voilà un film que je n'ai toujours pas vu la honte, alors que beaucoup l'ont déjà vu et ce plusieurs fois. Il me tarde de le voir et je pense donc l'apprécier aux vu de tes dires et de beaucoup d'autres.
Merci pour ce bel article.

Mina 10/04/2015 22:02

Bonsoir Kevin,
merci bcp et il n'y pas de honte à avoir, j'en ai raté bcp cette année (pas assez de temps, malheureusement) et tu me diras dès que tu l'as vu. Encore merci et je vais dans ton autre post :)

Shelby le Magnifik (Joe) 11/03/2015 22:38

Merci beaucoup ma Mina pour le lien de ma critique de ce chef d'oeuvre qu'est Birdman sur ton blog. :)

Mina 11/03/2015 22:42

Je tente un essai

Big Mac S. 06/03/2015 20:09

Wow tout est dit ! C'est plein de figures de styles, de mots compliqués, de références (encore des citations très bien choisies au passage)... J'adore ! J'adore ! C'est vraiment des belles critiques très intéressantes et agréable à lire surtout quand ça parle d'un film aussi riche que "Birdman". C'est marrant j'aurais jamais pensé à faire un parallèle entre Riggan et Don Quichotte :)
Je pense n'avoir jamais été aussi d'accord avec le message d'un réalisateur à travers son film et ça fait du bien d'en voir certains chercher à redonner ses lettres de noblesses au cinéma. Encore merci Inarritu pour ce très grand film et merci à toi pour cette excellente critique.
PS : Cette photo d'Emma Stone va finir en fond d'écran ! ^^

mina 07/03/2015 00:46

Merci bcp Big Mac, tu t'es bien attrapé avec certains idiots sur Allo, j'ai bcp pensé à toi en visionnant le film et en écrivant la petite critique. Tu avais plus que raison : Inarritu est un très grand réal qui a osé et dieu ça fait du bien :)
Merci encore une fois, à très vite. Très jolie la Emma et amusante mais adorable photo ^^
Bon W.E à toi, on se retrouve sur la page du soir :)

maximemaxf 06/03/2015 16:44

Wouah, juste wouah ! Comme quoi attendre s'avère souvent payant :D
Honnêtement je ne sais vraiment pas ce que vous auriez pu ajouter de plus à votre critique parce qu'en plus je retrouve certains points que j'avais évoqué comme la comparaison entre Birdman et Batman avec Keaton en pleine relance, d'ou une seconde comparaison avec le personnage de Riggan dont le passé les dévore à petit feu et qui se révèle plus tourmenté qu'autre chose malgré l'égocentrisme et les piques de rages furax qu'il ne peut contenir durant ces 1h55.

Franchement, on sent qu'il y a énormément de profondeur et de recherche dans votre analyse, mais en général elle est plus que juste et réaliste (au point de me donner envie de retourner le voir en salle si il repasse en VF cette fois-ci, fan du doublage français oblige mais après, chacun ses goûts pour ce point ^^), les thèmes auxquels Iñarritu fait sujet dans son oeuvre sont tous présent (la valorisation exagéré des blockbusters, l'image qu'une ancienne celébrité veut reconquérir, la critique hypochrite, etc), et pour le jeu des acteurs, là encore je vous le concède : tous, et je dis bien TOUS font un travail exceptionnel. Et quoi de mieux qu'exploiter Keaton dans sa folie naissant de sa recherche de reconnaissance ou il est même prêt à donner au public ce qu'il veut pour satisfaire son égo et son rêve, son subsconscient le perturbant et le détruisant à petit feu sans compter la scène final (que je dois revoir, mais plus le temps passe depuis que Joe m'a expliqué tout cela, plus je commence à essayer de trouver l'interprétation qui me conviant) tel Icare volant vers le soleil (splendide comparaison, vous cherchez très loin quand vous analyez un long-métrage).

Mais en dehors des formidables Keaton et Norton, un petit clin d'oeil à Emma Stone s'impose personnellement car elle m'attire de plus en plus dernièrement, que ça soit dans "La couleur des sentiments", les deux Spiderman sorti auparavant ou encore "The Magic Moonlight" de Woody Allen (que je dois voir), cette actrice est à suivre, assurément.

Niveau mise en scène, j'ai rien à redire, pour le coup ça mérite aussi un second visionnage rien que pour analyser toutes les astuces que ce petit fou mexicain a mit dans son dernier long-métrage (Oscar amplement mérité ^^). Bref, je pourrais parelr pendant des heures, mais pour le coup cette critique est l'une de vos meilleurs, en tout cas j'ai pris un énorme plaisir à la lire ;)

Juste une petite question HS : Mina (ou bond, je sais pas qui répondra ^^), tu as dis que tu attendais le prochain film de Burton en date. Donc je voudrais savoir, lesquels de ses films t'ont le plus marqué ou intéressé jusqu'à maintenant :) ?

maximemaxf 07/03/2015 23:53

Je ressort à l'instant de "Ed Wood" et : je suis littéralement sous le charme d'un des films de Burton injustement méconnu et délaissé. J'ai laissé un avis long sur la page du film sur allociné, prochainement : ma critique du film qui pourrait bien prendre la première place ;)

maximemaxf 07/03/2015 09:50

En effet, faut voir les bons côtés un peu dans tout ^^
Croyez moi, vous savez de quoi vous parler quand vous faites une critique d'un film et ça se sent dans vos écrits. Après, je n'utilise pas un orthographe aussi compliqué pour mes propos et pour certains mots je dois quand même chercher la définition sur wikipédia pour savoir ce que ça signifie, mais vos arguments se tiennent très bien et on sent que vous donnez une réel impression sur le film dont vous faites le sujet :)
Je vous tiendrais au courant pour mon second visionnage, ne vous inquiétez pas ;)
Pour Burton, voici mon petit top 5 avec certains films que tu as cité dans la tiennent :
- 1er : L'étrange Noël de Monsieur Jack (oui je sais, il a produit et scénarisé le film mais techniquement ça reste un filmde sa filmographie ^^)
- 2ème : Sweeney Todd (fan de comédie musicale oblige, je me suis même acheté le CD du film ^^)
- 3ème : Edward aux mains d'argent
- 4ème : Big Fish qui m'a émerveillé :)
- 5ème : Sleepy Hollow, la légende sur le cavalier sans tête m'a passionné, l'ambiance également, bref un excellent film d'horreur ou les personnages sont développé avec un aspect conte de fée derrière cela :)
En revanche, je ne suis pas fan de "Beetlejuice", loin de là, au fait je retiens bien plus les chansons de ce film que les personnages xD

mina 07/03/2015 00:38

Re bonsoir Maxime,
Je te remercie bcp, comme quoi cela a du bon d'être malade, j'ai pris mon temps :)) Pour Icare, cela ne faisait aucun doute pour ma part et quand j'ai lu par la suite les nombreux interviews de Inarritu, plus aucun doute. Encore merci bpc ^^ on tente du mieux que l'on peu, du moins on essaye :)
Je suis sûre que dès ton deuxième visionnage, tu vas encore plus apprécié et pour Emma Stone, elle s'en sort très bien dans ce film, plus qu'à l'ordinaire. L'on ressent son potentiel.
Pour Burton : mes préférés restent
- en 1 : Sweeney Todd
- en 2 : Sleepy Hollow
- en 3 : Beetlejuice
- en 4 : Edward aux mains d'Argent
- en 5 : Big Fish
Voilà Maxime, il va falloir que tu me donnes tes préférés. Merci pour tes coms. Très bon W.E à toi. A très vite :)

Joe D. 06/03/2015 01:30

Quel article et quelle critique !! Absolument excellente. Birdman fait parti de ces films OVNI qui deviennent des chefs d'oeuvre, car oui c'en est un, car il réunit absolument tout pour faire le film parfait, si tant est qu'on apprécie le cinéma comme un 7ème art. Que ce soit la mise en scène, les acteurs qui ne sont que le reflet de leurs propres rôles dans la pièce "parler moi d'amour", la photographie, le faux plan séquence unique qui donne un ton d'immersion du public, et un procédé assez novateur car jamais revu depuis "la corde" d'Hitchcock, et de courir après sa destinée comme le fait Rigan, le rythme constant de la batterie comme si c'était le battement de la bombe à retardement Rigan qui allait exploser, (ou comme si nous suivions le rythme de son coeur), que ce soit ce parallèle entre la carrière de Keaton discret voire ignorée de la machine Hollywoodienne depuis Batman le défi,à l'image de Rigan et de son Birdman, cette quête perpétuel d'identité, au delà de l'égocentrisme démesurée de tous ces acteurs, ou comédiens (car le théatre en prend aussi pour son grade), qui sont des éternels insatisfaits, passant à côté de vrais choses importantes de la vie (la famille, l'amitié) créant inévitablement des dommages collatéraux dans leurs environnements proches, cherchant en permanence l'admiration à tout prix, perdue ou pas pour leur prestation d'acteurs ou de comédiens à une ère où les réseaux sociaux polluent et innondent la planète s'arrêtant sur le buzz (Rigan en slip courant devant Broadway donne plus d'intérêt aux gens, que sa pièce elle même), que ce soit la dénonciation des critiques aux avant premières qui feront la pluie et le beau temps à ce que la pièce ait du succès ou non, la dénonciation des acteurs has been qui tentent de renouer avec une gloire passée et terminée, la dénonciation du public qui ne demande plus qu'à consommer à outrance, dans l'ère du consumérisme à son paroxysme incitant les maisons de production à ne produire que des films formatés à scénario souvent creux mais extrèmement rentables (car le public ne veut pas se fatiguer à chercher à comprendre ou à réfléchir, il s'est habitué à ce qu'on lui prémâche absolument tout), par conséquent la dénonciation des blockbusters, la quête de l'estime de soi, à l'image d'un Rigan/Keaton ou d'un Norton/Shanner qui se sentent chacun en décalé avec la réalité, et qui correspond au reflet du mirroir de ces 2 acteurs de talents (discrets mais efficaces dans leur filmographie), et émettant un fuck au système Hollywoodien. Le film BIRMAN en lui même qui est une critique de tout ceci, mais se fait congratuler de Golden Globes et d'Oscars, montrant bien ce milieu fermé et hypocrite, qui aime la digression lorsque cela sert sa cause, bien pensant à donner des leçons de morales lors de leurs cérémonies faussement hypocrites, car ils auraient eux les moyens de changer les choses, mais cela ne correspond pas aux valeurs capitalistes et consumériste. Ce film aboutit au final à la prise de risque énorme que Rigan/Keaton finit par adopté à l'image de son personnage dans la pièce "parler moi d'amour", où il prend conscience d'un nécessaire changement obligatoire ne pouvant passer autrement pour satisfaire les caprices du public et de la critique, et réobtenir une reconnaissance de son talent, par le suicide sur scène. La boucle est bouclée Rigan est devenu le Birdman, la voix qui l'a si longtemps torturé, dans sa schizophrénie, mais qui a été la seule à lui faire prendre conscience que pour s'élever au summum tel Icare pour atteindre les cieux de la consécration et de l'admiration, sans se brûler les ailes, Rigan retrouve enfin sa popularité pour ce qu'il a accompli (et non la pièce en elle même) sur scène, comme Molière, par sa mort, et il est possédé complètement par le Birdman. Il a pris conscience de l'importance de l'amour qu'il a toujours cherché dans son cynisme, et son égocentrisme, mais qu'il a confondu avec de l'admiration. Seule sa fille comprend qu'il n'est plus l'instrument médiatique qu'il pourrait redevenir, et tel L''aigle Noir il prend son vol pour regagner le ciel. La métaphore de la mort est bien présente, mais la rédemption de l'âme est accompli. Au final, ce film nous offre tout ce qui est possible d'avoir comme qualités intrinsèques en calomniant un système dont le succès l'acclame et le récompense. Là encore la boucle est bouclée, pour la bonne et unique raison qu'Inaritu a réalisé qu'il devait dans son cinéma se remettre en question, et à l'image de Keaton dans le film, prendre le risque de faire quelque chose de nouveau, car le talent et la réussite comme tout à chacun c'est aussi de savoir s'introspecter pour mieux évoluer. Un 5/5 Parfait pour moi. Merci Merci Inaritu, et quel plaisir de retrouver le talent d'Edward Norton, et de Michael Keaton.

mina 06/03/2015 16:23

Tout d'abord mon Joe, merci bpc ^^ mais à côté de toi, je fais pâle figure et, comme d'habitude, ton superbe pavé vaut vraiment le détour. Il faut que tu fasses une critique complète pour que je puisse la mettre sur le billet :)
A très vite et merci pour ta visite ^^ Bisous :)